Le thème du défi du jour était tout simplement
« parler d'un objet ». J'ai passé un moment à me demander quel objet j'allais pouvoir choisir... il y en a tellement autour de nous ! Mon agenda, mon cher ordinateur Alonso, mon trousseau de clés, ma caravane ou ma baignoire auraient tous pu faire des sujets plus ou moins passionnants. Et puis finalement, je me suis dit que c'était (encore) l'occasion de raccrocher le défi d'écriture à un sujet important pour moi, et sur lequel je voulais écrire depuis longtemps, à savoir : la contraception. J'ai donc choisi de vous parler de mon stérilet, aka Dispositif Intra-Utérin (DIU).
(Après l'article sur la cup, je prends encore une fois le risque de perdre tout mon lectorat dépourvu d'utérus... il faut pas avoir peur, ça va bien se passer, et même si ça vous concerne pas directement, je suis sûre que vous allez apprendre plein de choses ! On ne le dira jamais assez, la contraception c'est l'affaire de tous !)
(Pour une lecture plus confortable, je vous mets tous les liens en fin d'article.)
J'ai, tout au fond de moi, un petit T en plastique, entouré d'un fil de cuivre. Ça fait deux ans et demi qu'il est là. Je ne le sens pas, la plupart du temps, j'oublie même qu'il est là, et pourtant, il me rend tellement service que tous les jours, je pense à lui avec gratitude (si si, sans déconner).
*Flashback*
J'ai passé une dizaine d'années sous pilule. C'est énorme, quand on y pense. J'ai commencé à la prendre ado, comme tout le monde ou presque. Je n'avais pas encore eu de copain (à ce moment-là, je doutais même que j'en aurais un un jour), mais j'avais beaucoup d'acné et des règles anarchiques, alors ma mère m'a emmenée voir sa gynéco qui, après un examen très douloureux (oui, mes ovaires sont là, merci, pas la peine de chercher à les faire exploser) (et absolument pas nécessaire, d'ailleurs, comme je l'ai appris récemment) et une remarque désobligeante sur mon poids qu'il allait falloir surveiller pour pouvoir avoir des enfants (haha ! connasse), m'a prescrit ma première pilule. Son nom m'échappe, il y en a eu tellement au fil des années...
Mon acné a empiré, et ma prise de poids s'est accélérée, mais au moins, mes règles étaient régulières, et j'étais prête pour le moment où j'ai fini par faire des galipettes avec un mec.
Jusque-là, tout va bien... au fil des années et des gynécos, je fais des analyses de sang : mon cholestérol est trop élevé ? on va changer de pilule ! mes règles sont douloureuses ? on va changer de pilule ! etc, etc. À chaque problème, la même solution : changer de pilule. J'ai dû faire tout le Vidal. J'ai fini par me retrouver sous Cérazette, c'était plutôt pas mal : assez légère, pas de règles... tranquille.
Mais je me disais, quand même, il existe tellement d'autres trucs... pourquoi je dois toujours me gaver de médocs ? Et encore, moi, ça va, j'ai une vie relativement stable et mon téléphone qui sonne tous les soirs à 20h pour me le rappeler... mais y'en a tellement qui doivent oublier, c'est vraiment pas terrible. Alors j'ai commencé à me renseigner, et j'ai vu qu'en effet, il existait plein d'autres trucs, mais que les gynécos français étaient complètement obsédés par la pilule. Ailleurs, point de salut ! Pourtant, il est prouvé que chez de nombreuses personnes, elle provoque dépression, migraines, prise de poids, baisse de la libido, et j'en passe... je me sentais franchement concernée - et je me doutais pas encore à quel point. J'ai lu, lu et encore lu, et fini par trouver la solution qui paraissait la meilleure pour moi : un stérilet au cuivre. Adieu les hormones !
Pourtant, ça me faisait un peu flipper d'avoir un bout de métal dans le ventre... et puis je me suis dit que c'était très con, vu la quantité de ferraille que j'avais déjà de plantée dans les oreilles... On lisait beaucoup de choses affreuses sur le stérilet : il rendrait stérile (FAUX !), il favoriserait les grossesses extra-utérines (FAUX !), la pose faisait un mal de chien, et en plus, je voyais que pas mal de gynécos refusaient de le poser à des nullipares (des gens qui n'ont pas encore eu d'enfants). Et puis j'ai creusé encore, vu que tout ça était bidon, et surtout que les inconvénients étaient vraiment minimes par rapport aux avantages (j'allais arrêter de dépenser des fortunes en médocs et être tranquille pour 5 ans !), et je me suis décidée à sauter le pas, quitte à devoir changer de gynéco ou aller voir un(e) sage-femme.
Et j'ai eu du bol. Mon gynéco du moment, très compréhensif ou complètement je-m'en-foutiste, je sais pas trop, a accepté tout de suite. Une petite échographie pour vérifier que mon utérus était capable d'accueillir l'engin et pour le mesurer, et j'avais mon ordonnance pour un DIU « short », justement prévu pour les nullipares. J'ai arrêté la pilule (et je me suis fait une petite frayeur au passage, j'ai dû prendre une fois la pilule du lendemain... c'était avant qu'on apprenne qu'elle est sans effet sur les femmes de plus de 80 kg, j'ai eu chaud !), et quand j'ai eu mes règles, j'étais de retour dans son cabinet avec ma grosse boîte
(ça aussi ça fait flipper, la taille de la boîte... c'est qu'il y a le matériel de pose dedans ^^). Je dirais pas que ça m'a fait vraiment mal (de toute façon, tout le monde réagit différemment, je sais bien qu'il y en a pour qui c'est l'enfer), c'était plutôt extrêmement désagréable, mais pas vraiment douloureux.
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| Une grosse boîte pour pas grand-chose, disais-je. |
J'ai eu mal au ventre pendant 2 jours, du genre grosses règles de sauvage où tu restes allongé-e avec une bouillotte (ou un chat) sur le bide, et c'est passé. En ensuite... ouah. Comment dire. Les effets de 10 ans d'hormones se sont estompés, mais ils ont pris leur temps. J'ai passé au moins un mois à alterner crises de larmes et fous rires, ma libido a crevé le plafond, c'était épuisant mais grisant, j'avais l'impression de retrouver mes 15 ans, de reprendre ma puberté là où on l'avait bridée (bon du coup, mon système pileux a fini de se développer là où il s'était arrêté, et moi qui étais très peu poilue, je me retrouve avec des poils au menton...). Et j'ai commencé à perdre du poids, pour la toute première fois de ma vie. J'ai même été heureuse de retrouver mes règles !
Ça m'a presque fait flipper, quelque part. J'avais l'impression qu'on m'avait droguée pendant dix ans, et que je me découvrais enfin telle que j'étais. L'impression aussi que ce qu'on nous avait vendu comme une révolution féministe, la pilule comme Graal de la libération de la femme, était en fait un moyen de plus de nous enfermer...
Depuis, je revis. Sincèrement. Et du coup, sans pour autant faire de prosélytisme, je m'efforce de parler autour de moi de ce petit T qui m'a changé la vie, ou au moins, de faire réfléchir les gens sur leur contraception, avec quelques points simples :
- La pilule, c'est pas automatique. Il existe plein d'autres solutions (implant, stérilet cuivre ou hormonal, patch, anneau...), mais les médecins n'en parlent pas forcément. Renseignez-vous !
- Le stérilet, ça marche très bien si on n'a pas d'enfants, qu'on en veuille ensuite ou pas. D'ailleurs, c'est bien plus adapté pour les ados que la pilule, parce que beaucoup moins contraignant !
- Votre gynéco n'est ni omniscient, ni tout-puissant. Ce n'est pas à lui/elle de décider de votre contraception, mais à vous !
- À chacun-e de trouver le moyen qui lui convient le mieux, quitte à en essayer plusieurs si nécessaire. Après, si vous êtes content-e de ce que vous avez... tant mieux !
- Les généralistes et les sages-femmes peuvent aussi prescrire des moyens de contraception, et poser un DIU.
- La contraception, ça protège juste des grossesses, pas des maladies, alors on n'oublie pas la capote avec les nouveaux !
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Attention, avalanche de liens !
Plein de choses à lire chez Martin Winckler (idéalement, tout, si vous avez le temps), mais je vous ai fait une petite sélection :
Chez Dwam/Ipomée, un des blogs qui m'a le plus fait réfléchir au sujet :
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Mes acolytes