dimanche 13 avril 2014

▲#3▲ Doctor Who, la série plus grande à l'intérieur

Pour cette troisième semaine du défi d'écriture avec Chloé, on a décidé de vous parler d'une de nos séries préférées. Je vais donc vous surprendre (non) en vous présentant celle qui m'obsède depuis pas mal de temps déjà : Doctor Who. Le but étant évidemment de donner envie de la regarder à ceux qui font encore de la résistance (je vous vois, là dans le fond).

Rejoignez-nous, on vous attend avec impatienccce...
Et je vais essayer de faire ça de façon ludique et surtout en tâchant de ne pas (trop) spoiler (sur rien d'important, en tout cas, promis).
On y va ?



Doctor Who est une série britannique produite par la BBC. Ou plus exactement, deux séries : une première, diffusée à partir de 1963 et qui compte 26 saisons (!) qu'on désigne désormais sous l'appellation Classic Who, et une seconde, diffusée depuis 2005 et dont la huitième saison doit commencer en août prochain (impatience et trépignements). Remarque : je ne parlerai ici que de la nouvelle série, tout simplement parce que je n'ai pas encore attaqué l'ancienne (700 épisodes quand même, dont certains absolument introuvables... ça va demander un peu de temps et de motivation). (Donc oui, on peut faire ça, et non on n'est pas obligé de se taper tous les vieux épisodes en noir et blanc pour comprendre le truc. Attaquez en 2005, c'est fait pour - et même, il vaut mieux.)

Une telle longévité est rendue possible par une astuce scénaristique très bien pensée : quand le Docteur est grièvement blessé, il se régénère, changeant d'apparence et de personnalité, mais conservant tous ses souvenirs, ce qui permet donc de changer d'acteur. La huitième saison mettra en scène le 12e Docteur (en gros) (c'est un peu plus compliqué que ça niveau numérotation, mais on a dit pas de spoil).

Voilà déjà les 11 premiers.
8 pour la première série, 3 pour la seconde.


Avec tout ça, c'est forcément un monument de la culture britannique - d'ailleurs je me demande bien comment il est possible qu'au cours des 12 (DOUZE !!) ans que j'ai passés à étudier l'anglais et la culture des pays anglo-saxons, de la 6e au Master 2, pas UN prof n'en ait fait la moindre mention. Rien. Nada. Inconnu au bataillon. Si j'étais de mauvaise foi, je dirais que c'est le risque de faire enseigner une langue étrangère à des Français qui n'ont plus aucune connexion avec les pays dont ils parlent... (Amis profs de langues, je sais que vous valez mieux que ça. Déjà, vous avez le courage d'essayer de faire rentrer des trucs dans des crânes d'adolescents. J'applaudis le sens du sacrifice. Mais n'arrêtez jamais de voyager. Amis profs d'anglais, parlez de Doctor Who à vos élèves.) Je veux dire, le mot Whovian (fan de Doctor Who) est même dans le dictionnaire !
Fin de l'aparté agacé, excusez-moi. Bref, cette série est tout ce qu'il y a de plus british.

Bon, c'est bien joli tout ça, mais de quoi ça parle ?
 
Wikipédia nous donne un résumé tout à fait acceptable :
Cette série relate les aventures du Docteur, un extraterrestre de la race des Seigneurs du Temps (Time Lords) originaire de la planète Gallifrey et qui voyage à bord d'un TARDIS (Time And Relative Dimension In Space, ou Temps À Relativité Dimensionnelle Inter Spatiale en français), une machine pouvant voyager dans l'espace et dans le temps. Particulièrement attaché à la Terre, il est régulièrement accompagné dans ses voyages par des compagnons, pour la plupart humains et féminins.
Le TARDIS du Docteur a généralement l'apparence d'une cabine téléphonique de police britannique des années 1950, le système de camouflage (permettant de fondre le vaisseau dans un élément commun au lieu et à l'époque où il se pose) étant resté bloqué lors du tout premier épisode de la série.


On a donc une base de science-fiction, mais c'est surtout une série d'aventures - ou « un conte de fées au sujet d'un homme merveilleux dans sa grosse boîte bleue », comme l'a joliment dit Neil Gaiman (qui a d'ailleurs scénarisé deux excellents épisodes) :


(Grosse boîte bleue qui est plus grande à l'intérieur, soit dit en passant, d'où le titre du présent article.)

Une remarque complémentaire mais absolument essentielle parce que ça m'agace : Doctor Who, c'est le titre de la série ; le personnage s'appelle le Docteur, tout court. (Vous me le copierez 100 fois.)

Ceci est une énorme bourde. Vilaine Amy Farrah Fowler.
(Par contre elle n'a pas tort, le Docteur aime beaucoup
Londres à l'époque contemporaine.)


Pourquoi c'est si bien ?
 
Honnêtement, je n'ai jamais rien vu qui parle aussi bien de la nature humaine. C'est curieux pour une série au sujet d'un extraterrestre, mais c'est peut-être justement ce point de vue extérieur qui permet de mieux faire passer le message. Le Docteur est fasciné par les humains, leurs qualités et leurs défauts, leurs forces et leurs faiblesses en tant qu'espèce mais aussi en tant qu'individus ; c'est pour ça qu'il passe son temps à sauver la Terre (entre autres, mais quand même, c'est souvent la Terre) ; c'est aussi pour ça que le portrait qu'il en brosse est aussi juste et émouvant. Ça nous parle au niveau général, mais je crois aussi que tout un chacun peut y trouver des échos à son histoire personnelle (tout du moins, c'est mon cas), et ça c'est très fort.


Mon ami m'a demandé : « De quoi ça parle, Doctor Who ? »
J'ai répondu : « Ça parle d'un extraterrestre appelé le Docteur qui voyage à travers le temps dans un vaisseau spatial qui ressemble à une cabine téléphonique de police, qui sauve des gens et d'autres extraterrestres avec l'aide de ses compagnons et d'un outil appelé le "tournevis sonique". »
Je voulais dire : [je laisse tomber le Caps Lock, vous m'en voudrez pas] « Ça parle de l'amitié et du courage et de l'amour et de la perte, et de la vie et de la mort, et du pardon et de la culpabilité, et du fait d'être humain, d'être moins qu'humain et parfois un peu plus qu'humain, du talent et de l'intelligence et parfois d'un peu de chance, de trouver l'extraordinaire dans ce qui semble ordinaire, de regarder le ciel et de se rendre compte qu'on fait partie d'un univers invraisemblablement magnifique et mystérieux et qu'on a beau être très malin, on ne connaît pas toutes les réponses. Ça parle de regarder au fond de soi et de se rendre compte qu'on est bien plus que ce que notre vie dit de nous en apparence : on n'est pas une vendeuse, on n'est pas un bon médecin, on n'est pas une intérimaire, on n'est pas une petite fille qui doit grandir ni un garçon qui pense que l'amour de sa vie aurait pu trouver mieux ; on est à la fois la personne la plus importante de la création et la chose la plus insignifiante au monde, et c'est fantastique de pouvoir choisir entre les deux à tout moment. Ça parle d'accepter ses ténèbres intérieures pour pouvoir se dresser dans la lumière de sa vérité. Ça parle d'avoir le courage de faire ce qu'il faut, même quand tous les autres s'enfuient. Voilà, c'est de ça que ça parle, Doctor Who. »

 
Chaque épisode est capable de vous faire passer du rire aux larmes en une fraction de seconde, chaque fin de saison me met dans des états émotionnels inimaginables (astuce : si vous voulez faire crier/pleurer un Whovian, dites-lui juste « Pandorica », déluge assuré).

La musique est fantastique, les acteurs sont formidables (David Tennant ♥ ♥), les scénarios sont tarabiscotés à un point... (amis des retournements de situation complètement inattendus, vous allez être servis !) C'est beau, c'est drôle, c'est triste, c'est merveilleux, c'est tragique... c'est la vie, quoi !

Les situations les plus improbables sont toujours amenées de façon tout à fait cohérente (c'est ça, le côté conte de fées : vu de l'extérieur, c'est n'importe quoi, mais dans cet univers, ça colle parfaitement et on y croit) :

Doctor Who. Parce que sinon, comment imaginer la reine Néfertiti,
un chasseur de gros gibier de 1902 et M. Weasley
dans un vaisseau spatial avec des dinosaures,
et pleurer parce qu'un tricératops qui aimait
aller chercher des balles de golf a été tué par Rusard ?

Ah oui, les fans des films Harry Potter ne seront pas trop dépaysés, ils retrouveront une bonne partie du casting. (Il y a un meme récurrent sur Tumblr disant qu'en Grande-Bretagne, ils ont six acteurs et les réutilisent tout le temps... c'est pas complètement faux.)

Un petit bémol, peut-être : la première saison de 2005 peut paraître un peu cheap, un peu bof... ça démarre doucement, quoi. Mais elle est essentielle pour comprendre la suite, et je vous garantis que vous serez complètement accros (sans C) dès le début de la saison 2.

D'ailleurs on accuse souvent les ennemis du Docteur, notamment les Daleks, de ne pas être assez effrayants justement parce qu'ils font cheap/ qu'ils ont l'air sortis des années 60. C'est peut-être l'impression qu'on a quand on regarde un épisode par-ci par-là en passant, mais je vous jure que si vous suivez l'histoire dans l'ordre, les Daleks vont vous faire flipper, promis. Et c'est valable pour toutes ces histoires de costumes et maquillages moches/pas crédibles, etc. Quand on est dans le bain, tout passe. Et les petits défauts sont souvent justifiés avec humour, en plus

Bref, c'est une série différente. Ça ne ressemble à rien de ce que vous avez déjà pu voir, et tout vous paraîtra plus fade après (désolée). C'est différent au point que le Docteur n'a pas d'arme. Non messieurs-dames, il a un tournevis sonique. Comme l'a dit Steven Moffat (le showrunner actuel) :
Quand ils ont conçu ce héros en particulier, ils ne lui ont pas donné un flingue, mais un tournevis, pour réparer les choses. Ils ne lui ont pas donné un tank, un vaisseau de guerre ou un chasseur X-wing, mais une cabine téléphonique, d'où on peut appeler au secours. Et ils ne lui ont pas donné un super-pouvoir, des oreilles pointues ou un rayon ardent, mais un cœur supplémentaire. Ils lui ont donné deux cœurs. Et ça, c'est extraordinaire ; le jour où nous n'aurons pas besoin d'un héros comme le Docteur n'arrivera jamais.

Et franchement (attention, minute mystique en approche), comment dire... c'est une série qui rend meilleur. Ça fait de vous une meilleure personne. Ça vous apprend à avoir confiance en vous, en vos amis ; à vous dépasser ; à vous émerveiller devant le monde qui vous entoure et l'univers que vous n'arrivez même pas à imaginer. Ça vous fait vous sentir tout petit et en même temps essentiel. C'est assez prodigieux, quand on y pense.

Elle vous permettra aussi de comprendre la physique quantique. Sans rire. Vous allez apprendre plein de trucs dans plein de domaines sans même vous en rendre compte. On rencontre Shakespeare, Dickens, Van Gogh (gros potentiel de chialade aussi devant n'importe quel tableau de Van Gogh ensuite)...

Enfin bref, quand vous aurez tout vu et que vous rongerez votre frein en attendant la suite, vous pourrez regarder Torchwood, le spin-off à propos de l'équipe du merveilleux Capitaine Jack Harkness (♥ ♥). L'esprit est assez différent ; pour le coup, ça ressemble beaucoup plus à une série américaine, c'est plus violent, plus sexy... mais c'est très sympa.

Ô capitaine, mon capitaine !
(Hum, pardon.)


Alors, prêts à embarquer à bord du TARDIS ? Commencez par faire un tour à Sunnydale : Chloé a choisi de vous parler de Buffy contre les vampires !


9 commentaires:

  1. Ah mais qu'est-ce qu'elle est bien cette série ! On sent bien tout l'amour que tu lui portes dans ce billet :) Je trouve ça cool que tu aies choisi une série encore diffusée et moi une finie depuis un moment, ça donne pas du tout les mêmes perspectives.

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  2. Pourquoi je n'ai toujours pas commencé Docteur Who ? C'est une excellente question, vu que j'adore ce genre de formats (plein d'histoires différentes)... Pour ma défense, les "Whovians", à part hurler que "Dr Who c'est la vie" ou prendre de haut les non-initiés... (et globalement, j'évite tout ce qui suscite chez d'autres le fanatisme absolu, j'sais pas pourquoi, ça me rebute d'emblée, comme les "QUOI, mais t'as pas encore vu machinchose ??" style "cette série c'est la vie, si tu ne l'as pas vue, tu n'es qu'une sous-sous-merde" :O ... genre exactement ce qui se passe pour GOT en ce moment ! Ça me souuuuuuule ! )

    Mais ton article m'a permis de prendre un peu de distance par rapport aux fanatiques... Faut juste que j'motive May à s'y mettre maintenant !

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    1. Oui j'ai essayé de calmer mon côté fanatique hystérique pour pouvoir proposer des arguments plus intéressants que "il faut le voir c'est trop bien"...
      Moi aussi j'ai tendance à fuir les trucs qu'il FAUT voir par principe (et esprit de contradiction, ok), mais là, à force de voir passer des trucs sur Tumblr, j'ai fini par céder et je le regrette pas une seconde.
      Allez hop, on se motive, tu m'en diras des nouvelles !

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  3. Défi réussi sur moi! Tu m'as donné envie^^ (plus qu'avant), mais bon, les 435 Go (et plus encore à venir, Aya veut aussi me faire regarder des trucs -_-) à regarder qui m'attendent me bloquent beaucoup j'avoue^^'
    Mais, un jour, je regarderai^^ Tu m'as convaincue avec la citation Facebook du gars qui répond à la question : "Ca parle de quoi Docteur Who?" ^^
    Bizarrement (ou pas en fait), je connaissais depuis un moment Torchwood sans savoir qu'il y avait un lien avec Docteur Who ^^(jusqu'à que je vois le Capitaine Je-suis-une-pure-bombe-qui-en-plus-aime-aimer-tout-le-monde-y-compris-les-hommes-ce-qui-me-rend-encore-plus-bombesque<3<3<3 Harkness dans l'épisode et demi de Docteur Who que j'ai vu XD) C'est Alex qui a regardé la série entière et qui m'en a parlé et fait voir des morceaux...importants à nos yeux :p

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    1. Je vois tout à fait de quels morceaux tu parles, étant donné que c'est Torchwood qui m'a fait comprendre ton intérêt pour le yaoi... ahum <3

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    2. Hé hé...hé hé hé.....hé hé hé hé hé...../rire lubrique

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  4. Je vais bien finir par devoir la regarder quoi qu'il arrive, je suis cerné de partout xD

    Avec Doctor Who, puisque plusieurs m'en parlent depuis un petit moment comme une série "qu'il faut voir"/"c'est trop d'la balle" et que je suis assez con pour me braquer quand on me dit ce genre de chose (plus on me dit "il faut que tu vois"/"c'est le meilleur truc de tous les temps", moins j'ai envie de voir), j'étais plutôt dans une impression de ne pas avoir envie de le voir. Ce qui est assez idiot puisqu'au final je ne connaissais pas grand-chose de la série, à part le synopsis que j'ai lu sur wikipedia et qui ne m'avait pas transcendé plus que ça.

    Mais je dois dire que présenté comme ça, même si on sent la fan hystérique derrière qui a du mal à se retenir, ça donne beaucoup plus envie d'un coup. En fait, ça semble regrouper tout ce que je recherche dans une série : un scénario original et intéressant, une bonne psychologie des persos, de l'émotion un intérêt qui ne s'étouffe pas. Alors s'il y a de la bonne SF et la possibilité d'apprendre des trucs, ça peut être génial.
    Par contre, j'ai un peu peur pour les retournements de situation, je déteste vraiment quand il y en a trop, comme si on ne pouvait pas raconter une bonne histoire sans 5 cliffhangers par épisode...

    Enfin bref, on va essayer de trouver ça rapidement ^^ (en plus, j'ai un creux niveau série là, et j'ai un peu la flemme de retenter GoT)

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    1. Beh oui, le prosélytisme à outrance, ça peut agir comme repoussoir... ça me le fait aussi. Et c'est ballot, parce qu'on passe à côté de trucs vachement bien, du coup...
      J'ai hâte que tu t'y mettes et que tu me dises ce que tu en penses :)

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    2. Allez hop, première saison en cours de téléchargement ;-)

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